Issam Jemma, le plus prolifique
Vendredi 12 Mars 2010

À la différence des autres équipes de la ligue 1, où la hiérarchie des attaquants est bien établie, Lens se cherche « un taulier » en attaque. Ces dernières semaines, Issam Jemaa s'est détaché, devançant ainsi Toifilou Maoulida et Eduardo .
Cela se ressent dans le temps de jeu offert à chacun. Le RCLens a souvent changé d'attaquant de pointe, au sommet de son 4-2-3-1. Trois postulants se disputent la place : Toifilou Maoulida (1 but toutes les 287 minutes de jeu en L1), Eduardo (1 but toutes les 301 minutes), et Issam Jemaa (1 but toutes les 251 minutes).
L'international tunisien est donc l'attaquant le plus prolifique au regard du temps passé sur la pelouse. Une situation nouvelle. Au but inscrit contre Monaco à domicile (3-0, 25e journée), il faut ajouter le doublé inscrit face à Marseille en coupe de France (3-1). Issam Jemaa a changé de statut, et d'attitude depuis son retour de la CAN. « Malgré une attitude peut-être négative les années précédentes, il a retourné la situation , constate Jean-Guy Wallemme, nous lui avons expliqué que tout dépendait donc de lui. Je préfère le fixer dans l'axe que sur un côté. Il y est plus efficace, mieux cadré, utilise mieux sa puissance. Cela lui laisse aussi de la liberté ».
Sa marge de progression dépend de sa capacité à étoffer son registre : « Il doit gagner en maturité. Il s'est parfois trop dispersé. Mais son insouciance peut aussi apporter beaucoup. On ne veut pas le changer, simplement qu'il se montre plus efficace », analyse le technicien lensois.
Capable d'user les défenses par son volume de jeu, Issam Jemaa (26 ans) peut évoluer en soutien. Un rôle qu'il est capable de tenir en s'acquittant des tâches défensives. « C'est essentiel », répète à l'envi Jean-Guy Wallemme. Cela explique aussi en partie la réticence de ce dernier à utiliser Toifilou Maoulida : « Il est le joueur le plus expérimenté (30 ans). Il a moins perçu que les autres l'obligation de se mettre au service du collectif. Toifilou doit comprendre que les équipes qui travaillent pour un seul joueur se font rares. Désormais, le collectif prime et doit faire la différence ».
Arnaud Rapin (www.nordeclair.fr)