Karim Saidi : je me sens bien à Tours
Jeudi 03 Decembre 2009

Se méfier des premières impressions. Après avoir vu Karim Saïdi avec la CFA2, le scepticisme était de mise, le Tunisien n'avait vraiment pas la forme. « Dans cette période, j'ai douté, avoue Karim . L'équipe tournait, la défense faisait bien son boulot. Je me suis dit alors : dès que je vais avoir ma chance, il ne faudra pas que je me loupe… »
C'est ce qu'on appelle l'expérience. La chance est arrivée, il l'a saisie. Et depuis, Karim épate la galerie par son placement, ses relances et son calme. Un faux lent.
« Franchement, je me sens bien dans mon équipe. J'ai beaucoup aimé notre solidarité à Caen. On a joué contre la meilleure équipe du championnat et on a fait 0-0. Cela donne forcément des idées. Je pense qu'on peut vraiment faire quelque chose dans cette ligue 2, mais ça passe par trois victoires avant la trêve. » Voilà pour la joie.
La tristesse vient de la blessure de son compatriote, Mohammed Ali Gherieni. « C'est vraiment embêtant pour lui. Il voulait renforcer le TFC et il n'a joué que deux matchs. Je sais qu'il se pose beaucoup de questions et j'ai essayé de l'aider. On ne se voit pas souvent car je suis marié, lui célibataire. Mais pendant le ramadan, on s'est vus souvent. J'espère qu'il va voir la sortie du tunnel, comme moi je l'ai vue… »
La colère, elle vient de l'équipe nationale de Tunisie, virée de la coupe du monde. « Être éliminée au Mozambique, c'est incroyable. J'ai 27 ans, je me voyais bien en Afrique du sud. On n'a pas eu le mental pour y aller. Pourtant, j'avais eu l'assistant de l'entraîneur qui m'avait confirmé qu'il me suivait. Philippe Bizeul lui avait envoyé des cassettes de mes matchs. »
Frustration légitime quand on sait qu'il avait été sélectionné au mondial 2006 mais qu'il était toujours resté sur le banc. Un rêve s'éloigne… Reste la CAN (Coupe d'Afrique des Nations).
« Il y a un nouveau staff que je ne connais pas. Et pour tout vous dire, ça ne me dit rien d'aller à la CAN surtout si c'est pour cirer le banc. Je pense privilégier le TFC. Il sera important d'être là en début d'année vu les échéances et… vu aussi la concurrence en défense. Maintenant, si on m'appelle pour jouer, j'irai, car une sélection ne se refuse pas. »
Eh oui, qui va à la chasse peut aussi perdre sa place. Karim n'oublie pas qu'il est venu à Tours pour relever un défi : s'imposer en France et en Europe. Et là aussi, le plat ne repasse pas plusieurs fois.
« Effectivement, c'est une saison importante pour moi. »
J E Z (lanouvellerepublique.fr)