Yassin Mikari : Je n'ai pas été au top
Mercredi 27 Janvier 2010

Finie la chaleur angolaise, à tous les sens du terme, de la Coupe d’Afrique des Nations pour Yassin Mikari. La Tunisie, éliminée sans avoir perdu (trois matches nuls) . Le polyvalent et efficace joueur du FC Sochaux est revenu à Bonal, après un passage par Zurich pour saluer sa famille. Fatigué, (il a perdu deux kilos), Yassin a, néanmoins, savouré le plaisir de voir aujourd’hui le FCSM compter 29 précieux points, tout comme il a pu faire connaissance avec Ideye Brown, la dernière recrue sochalienne.
Yassin, comment avez-vous vécu cette Coupe d‘Afrique ?
Je suis content d’être rentré même si le fait de jouer pour son pays est toujours quelque chose d'extraordinaire. C’était difficile en Angola. Les terrains étaient bons, certes, avec des jardiniers européens qui se sont occupé des pelouses. Cependant, avec la nourriture, j’ai eu la diarrhée et j’ai perdu deux kilos. Lors du premier match amical, j’ai même pris un coup sur le genou. J’ai dû stopper les entraînements. J’avais mal sur les appuis et j’ai dû prendre des anti inflammatoires. Je n’ai pas été à 100 %.
Les événements vécus par l’équipe du Togo ont-ils eu un impact ?
Tout de suite, ma famille m’a téléphoné, ne voulait pas que je participe. J’ai pensé que la compétition ne se jouerait pas. Drogba, Eto’o avaient parlé de la faire annuler. Il y a eu des morts tout de même… Cependant, la sécurité a été renforcée et nous avons été tranquilles. Nous étions loin du lieu où s’était déroulée l’embuscade. Après, on a essayé de ne plus trop y penser.
Et l’élimination rapide n’est-elle pas trop difficile à digérer ?
Je suis déçu par la tournure des événements dans cette Coupe d’Afrique. Mais après notre élimination en Coupe du Monde, la frustration est moins forte. La Coupe du Monde, c’est la plus belle chose pour un footballeur, alors… Mais je savais nos chances réduites dans cette C.A.N. Nous avons une équipe jeune, avec de nombreux nouveaux joueurs qui jouent en Tunisie et n’ont pas l’expérience de l’étranger. Il faut du temps, ça va venir. C’était dur car durant deux années, nous avons travaillé avec certains joueurs et, là, je ne connaissais pas une bonne moitié de l’effectif.
Avec la Tunisie, vous avez joué défenseur. N’était-ce pas trop difficile après vos expériences de milieu-attaquant à Sochaux ?
Moi, je m’en fous. Je joue au foot. C’est l’essentiel. Le reste n’est pas un problème. C’est vrai que les premiers entraînements avec la Tunisie, m’ont paru bizarres. Je devais surtout défendre. Mais c’est vite revenu.
En votre absence, le FCSM a réussi un joli coup contre Lille. Qu’en pensez-vous ?
J’ai lu sur internet qu’ils avaient battu Lille, c’est énorme. Ils avaient déjà bien joué contre Monaco malgré la défaite, m’a t-on dit. Maintenant, si on fait un résultat à Valenciennes, nous allons pouvoir entrer dans les dix premiers. C’est bien.
Ces 29 points ne vont-ils pas vous permettre de jouer un peu plus libérés ?
Ici en France, tu ne peux jamais jouer libéré. C’est toujours très serré. Cependant, c’est intéressant d’avoir ces points car nous avons une équipe jeune, qui a besoin de confiance. Attention, on ne peut, malgré tout, pas se permettre de se relâcher.
Et Ideye Brown. Il vient de Suisse, comme vous. Avez-vous déjà croisé son chemin ?
Je l’ai vu jouer une ou deux fois. C’est un bon joueur. Là, je vais le découvrir à l’entraînement mais je n’ai jamais croisé sa route. J’ai eu de bons échos de lui en Suisse où on m’a dit qu’il avait été acheté pour 200 000€ et revendu 4M€ à Sochaux… Et puis, il est jeune, il va pouvoir progresser encore. Mais il a marqué 12 buts, c’est déjà bien.
Vous venez du championnat suisse aussi. Qu’est ce qui va être le plus dur pour lui, à votre avis ?
Il doit marquer, c’est clair. Toutefois, tout se passe dans la tête. Mentalement, il faut être bien, c’est important. Sa jeunesse va peut-être demander un peu plus de temps d’adaptation, je ne sais pas. Et quand on est un buteur, il faut aussi que la chance vous sourit. Ensuite, la grande différence dans ce championnat de France qui figure dans le Top 5 des championnats européens, c’est qu’il est indispensable d’être toujours très concentré. Sinon vous avez vite fait de prendre un but, d’échouer. Physiquement, aussi, c’est dur. Et puis, techniquement, tactiquement, la différence est réelle… Bref, il y a beaucoup de choses à intégrer.
Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
J’ai déjà dit au préparateur physique que je devais travailler plus que l’équipe. Je veux revenir en pleine forme. Dans une ou deux semaines, çà ira, je pense.
Vous savez, je suis content de ne pas être blessé, et de ne pas l’avoir été lors de la première partie de saison. J’ai joué presque tous les matches et je veux continuer comme çà. Vous dites que j’ai beaucoup apporté à l’équipe en l’absence de Charlie Davies, tant mieux. Mais ce sont les résultats du collectif qui doivent primer.
Propos recueillis par Gilles Santalucia (www.lepays.fr)