Yassine Mikari: On ne va pas baisser la tête
Mercredi 15 Septembre 2010

Il roule toujours les « r » dans un Français qui, néanmoins, s’améliore, Yassine Mikari revient sur ces aventures en Afrique,et ses dernières performances avec FC Sochaux .
Il plaisante à moitié Yassin car si le football lui a donné l’occasion de voyager, de vivre des choses extraordinaires, le ballon rond lui permet aussi d’être un observateur privilégié ou le témoin de certaines souffrances.
« Je suis Tunisien et la Tunisie, c’est un pays africain fantastique. La première fois où j’ai vraiment découvert ce continent, c’est lors de la CAN 2008. Le restaurant de l’hôtel où nous étions, balançait de la nourriture dans la rue. Des gamins de deux, ou trois ans, se jetaient sur cette nourriture. Ça m’a fait mal. Nous nous sommes cotisés et avons acheté à manger et des vêtements. En équipe de Tunisie, nos amendes nous permettent également de faire ça ». Des voyages qui font réfléchir donc et prendre conscience de certains excès « Chez moi, quand je fais couler l’eau pour rien, je me sens coupable. Et si j’oublie, ma femme me le rappelle vite ».
Yassin serait prêt à évoquer encore d’autres destinations africaines ou sa sensibilité d’homme a été mise à rude épreuve. D’autres coups au cœur, d’autres coups de cœur. Mais le football le ramène sur ce chemin du stade Bonal qu’il emprunte en boitillant après avoir été victime d’une entorse à Rennes, samedi soir. « Je viens de voir les images. En fait, j’ai un mauvais appui qui fait que je glisse et que ma cheville tourne. Sur le coup, j’ai eu peur ». Plus de peur que de mal car d’entrée, il l’avoue : « Je devrais pouvoir jouer samedi si ça continue à s’améliorer comme ça ».
C’est donc sur le banc que le Tunisien a vécu la plupart du match en Bretagne. Et qu’il a souffert quand à l’ultime seconde, Dalmat… Mangane… aïe, aïe, aïe. « Dalmat était seul aux 16 m. Derrière trois joueurs sont également seuls. Si Mangane ne marque pas, ils sont encore deux à pouvoir la mettre au fond. Ça, c’est interdit. On ne peut pas commettre ces erreurs si on veut être une grande équipe. Au haut niveau, quand tu vois le marquage sur les coups de pieds arrêtés, ça se bouscule, ça gène, ils sont fous ! Il faut remédier à ça. Ce n’est pas faute de le travailler aux entraînements et d’avoir les consignes du coach sur ce sujet ».
Ce constat établi et signé par tous, Yassin Mikari décèle, cependant, des choses très positives dans ce début de championnat du FCSM. « On ne va pas baisser la tête après cette défaite. Si on gagne contre Nice, samedi, on aura pris dix points chez nous. Qui aurait crû qu’on en serait là. J’ai l’impression que nous sommes plus costauds. Quand je suis arrivé en 2008-2009, jamais nous étions capables de revenir après avoir encaissé un but. On en prenait un et on se disait, c’est foutu. Là, contre Arles, à Saint-Etienne, à Rennes, on est revenus. Il y a une progression. On joue mieux aussi. On sait que, si comme le dit le coach, nous évoluons à une ou deux touches, nous sommes très bons. Et quand on joue de longs ballons, devant, on a Maïga. Reste donc à songer à cette concentration » Et là aussi Yassin reconnaît que revenir à la marque, c’est bien, mais que de ne pas prendre de but avant, c’est encore mieux. « C’est dans la tête çà » dit-il. « On doit être prêts dès la minute zéro ». On vous le disait, pour avoir grandi en Suisse, Yassin Mikari a compris ce que veut dire, être à l’heure. Sûr qu’il va en parler à ses coéquipiers avant samedi.